Améliorer les connaissances et les compétences des OSC sur les instruments africains et internationaux relatifs aux droits humains

Améliorer les connaissances et les compétences des OSC sur les instruments africains et internationaux relatifs aux droits humains

Améliorer les connaissances et les compétences des OSC sur les instruments africains et internationaux relatifs aux droits humains

Alors que les États d’Afrique de l’Ouest ont mis en œuvre des mesures anti-COVID-19 pour enrayer la pandémie mondiale, les organisations de la société civile (OSC) ont, de leur côté, de plus en plus critiqué la prise de décisions et la gouvernance liées à la pandémie aux niveaux national et régional. En particulier, elles ont souligné que ces mesures sanitaires n’ont souvent pas fait l’objet d’un débat démocratique et d’un contrôle parlementaire. Elles ont également signalé que dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, comme le Nigéria et le Sénégal, pendant la pandémie, des journalistes ont été arrêtés ou licenciés des médias pour lesquels ils travaillaient. En Guinée, les OSC n’ont pas cessé de remettre en question les intentions présumées du président Alpha Condé d’utiliser la COVID-19 comme prétexte pour faire adopter une nouvelle constitution qui lui permettrait de briguer un troisième mandat.

Pourtant, si la COVID-19 représente une menace pour les droits humains et les libertés civiles, il s’agit également d’une opportunité pour les OSC de sensibiliser les OSC aux questions d’intérêt général pour une Afrique de l’Ouest prospère, démocratique et pacifique. La pandémie de COVID-19 a exacerbé le besoin croissant des OSC de jouer leur rôle de garde-fous et de promouvoir la protection des droits de l’homme et des libertés civiles (Africa report, 2020). La pandémie pourrait également être analysée comme l’un des déclencheurs de la résurgence de la mobilisation de rue, comme au Mali où les manifestants ont demandé au président de démissionner de ses fonctions après des élections très contestées organisées en pleine crise de COVID. Les OSC pourraient donc tirer parti de la pandémie pour faire entendre pleinement leurs voix par les autorités publiques et réaliser des transformations significatives en termes de politiques publiques.

Toutefois, les OSC ouest-africaines sont confrontées à plusieurs défis qui limitent leurs capacités à mener les actions de protection des droits humains et des libertés civiles. Comme en témoigne un rapport de la WACSI, les OSC ont tendance à maintenir leurs interventions, entre autres, dans le développement communautaire, les activités de solidarité et l’approvisionnement en eau, plutôt que de s’engager dans les droits humains, la jeunesse et l’éducation, et l’autonomisation des femmes. Des connaissances limitées sur le système régional et international des droits humains, des compétences et des ressources insuffisantes pour s’engager avec la Commission africaine des droits de l’homme et des personnes (ACHPR) pourraient d’autant plus expliquer pourquoi les OSC n’atteignent pas totalement leur potentiel en matière de sauvegarde des droits humains et des libertés civiles.

Dans ce contexte, l’Institut de la Société Civile d’Afrique de l’Ouest (WACSI) avec son partenaire CIVICUS, a organisé un webinaire de deux jours les 18 et 19 juin 2020 (la première partie est accessible ici et la deuxième partie ici) sur l’utilisation et l’engagement avec les procédures régionales et internationales en matière de droits humains pour la promotion et la protection des droits humains en Afrique. Le webinaire a permis à 28 participants de 13 pays francophones, anglophones et lusophones d’Afrique de l’Ouest* de se familiariser avec les principaux instruments liés aux droits humains africains et internationaux, ainsi que d’être dotés de compétences et de connaissances en matière de plaidoyer et de stratégies de lobbying pour établir une relation avec les systèmes africain et international des droits humains. Tous les participants ont reçu un certificat après la formation qui atteste de leur engagement dans la formation. 

Lors de l’introduction de ce webinaire, Paul Mulindwa, responsable du plaidoyer et des campagnes à CIVICUS, a souligné l’importance de la session.

« Ce webinaire arrive au bon moment, un moment où nous avons tous vraiment besoin de nous engager dans différentes plates-formes, d’avoir une exposition sur ce qui se passe en termes de restrictions. La pandémie a vraiment mis en avant certaines des habitudes que nous avions gardées dans nos coffres en matière de gouvernance et de droits de la personne. Ainsi, avoir une telle réunion devient opportun et important pour nous tous dans nos différents contextes », a-t-il expliqué.

100 % des participants se sont dits satisfaits du webinaire, et plus de 90 % affirment que le style de présentation et de facilitation a contribué positivement à leur expérience d’apprentissage.

« J’ai compris au cours de cette première session que les mécanismes de plaidoyer et de défense des droits humains sont universels et que chaque pays peut utiliser des moyens communs pour s’affirmer. L’internationalisation et la régionalisation de ces mécanismes relèvent non seulement des spécialistes des droits de l’homme, mais aussi des acteurs dans d’autres domaines », a expliqué un participant.

Travaillez-vous pour un OSC d’Afrique de l’Ouest? Voulez-vous bénéficier de ces formations gratuites? Nous avons plusieurs opportunités spéciales de formation qui ne sont accessibles qu’aux OSC enregistrées sur notre plate-forme E-Directory (accessible ici). Si vous avez des difficultés à vous inscrire, veuillez visionner cette vidéo explicative ou nous contacter à  regionaldirectory@wacsi.org ou +233501440545 (WhatsApp).

* Les 28 participants viennent du Togo, de la Guinée-Bissau, du Cap-Vert, du Bénin, de la Gambie, du Nigéria, du Libéria, de la Guinée, de la Mauritanie, du Sénégal, du Niger et de la Côte d’Ivoire.

 

Auteure : Ysé Auque-Pallez.

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